petite histoire de l'alcool

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Petite histoire de l'alcool

L’alcool est l’un des plus anciens produits psycho-actifs. Sa consommation rituelle, sacrée conviviale et festive remonte à l’Antiquité.
Il existe des alcools divers et variés découlant des différents produits fermentés ou distillés pour sa fabrication : pomme (cidre), houblon (bière), raisin (vin), malt (whisky), blé ou pomme de terre (vodka). Tous ces alcools ont une histoire particulière, histoire qu’il serait bien trop fastidieux de dresser.

Dans l’Iliade et l’Odyssée d’Homère, on apprend que les Grecs et les Romains connaissaient l’art viticole, mais également l’hydromel (la fermentation du miel) et la « cervoise » (ancêtre de la bière).

Dans l’Egypte ancienne des papyrus décrivent les étapes de fabrication ainsi que l’importance de la production et de la commercialisation de la bière et du vin. On apprend également à cette époque que les boissons fermentées s’auto-purifient, la fermentation éliminant ainsi les germes et les parasites. Les médecins égyptiens s’en serviront pour lutter contre les parasitoses.


Dans la Grèce antique, Dionysos était le dieu de la vigne et du vin. Il était représenté sous un ton jovial. Son culte est synonyme de fantaisie, de fête, de joie, et de l’inspiration dans l’ivresse mystique.

Sous la Rome antique, Dionysos devient Bacchus et les bacchanales sont organisées. Avec l’extension de l’empire romain, le vin s’exporte massivement avec les usagers qui lui sont liés.


Dans les textes anciens, il est fait référence à l’épisode biblique où l’on relate l’ivresse de Noé, après la fin du déluge.


9 : 20 : Noé commença à cultiver la terre, et planta de la vigne.
9 : 21 : Il but du vin, s’enivra, et se découvrit au milieu de sa tente.
9 : 22 : Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père, et il le rapporta dehors à ses deux frères.
9 : 23 : Alors Sem et Japhet prirent le manteau, le mirent sur leurs épaules , marchèrent à reculons, et couvrirent la nudité de leur père; comme leur visage était détourné, ils ne virent point la nudité de leur père.
9 : 24 : Lorsque Noé se réveilla de son vin, il apprit ce que lui avait fait son fils cadet.
9 : 25 : Et il dit : Maudit soit Canaan ! qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères !
9 : 26 : Il dit encore: Béni soit l'Eternel, Dieu de Sem, et que Canaan soit leur esclave !
9 : 27 : Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu'il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave !
9 : 28 : Noé vécut, après le déluge, trois cent cinquante ans.
9 : 29 : Tous les jours de Noé furent de neuf cent cinquante ans; puis il mourut.
Source : la bible


La légende attribue à Saint Patrick, un moine irlandais, un passage en Egypte vers 420 et avec ce voyage l’importation de l’alambic en Irlande. Il serait ainsi à l’origine de la fabrication du whisky irlandais. L’Irlande attire dès l’an 1000 quantité de moines, qui développent le savoir-faire de la distillation.


Au Moyen-âge, les eaux de vie et les autres « eaux ardentes » se rependent. Elles sont fabriquées par les moines et les médecins, en petites quantités. C’est au XVIème siècle que l’on voit apparaître dans le langage le mot alcool. Il vient du mot arabe « la koh’l » signifiant sulfure d’antimoine (poudre très fine servant pour les paupières des femmes et utilisé par les alchimistes).

Dès le XIIème siècle, une certaine eau sainte rend féroce les soldats irlandais face aux Anglais. L’essor commercial de l’alcool fort débute au XVIIème siècle avec le cognac et l’armagnac en France, le whisky en Irlande, en Ecosse et en Amérique, la vodka en Pologne et en Russie.

Durant les campagnes napoléoniennes, l’alcool servait d’anesthésique pour soulager les souffrances.
C’est au XVIIIème siècle que l’on parle pour la première fois des problèmes liés à une consommation excessive d’alcool. On parle alors d’ivrognerie ou d’alcoolisme chronique. Ce dernier terme fut employé pour la première fois en 1849 par le clinicien suédois, Magnus Huss. Il utilise ce mot après avoir recenser tous les ravages de l’alcool sur le foie et la santé mentale.


Après la seconde guerre mondiale, les autorités mettent en garde contre la consommation des boissons distillées (alcools forts). Le vin est alors pris en compte dans la politique de prévention. Les boissons comme la limonade et le lait sont alors vendues moins cher dans les bars. Ce n’est qu’à la fin des années 1960 que les campagnes gouvernementales de prévention apparaissent, mettant en avant les risques sanitaires et sociaux d’une consommation excessive d’alcool. Les alcooliques sont actuellement, selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), 76 millions dans le monde.


Sources
- HOREL Stéphane et LENTIN Jean-Pierre, drogues et cerveau, Actuel édition du Panama, Paris, 2005
- Drogues et dépendances. Le livre d’information, éditions de l’INPES, mars 2006
- Histoire de l’alcool sur le site de la croix bleu salon de Provence

 

Bibliographie complémentaire :
- Bibliographie riche et variée
- FREYSSINET-DOMINJON Jacqueline, « que boit-on chez la Contesse ? un aperçu des manières de boire dans la France du Second Empire », dans Alcoologie et addictologie, tome 29, numéro 3, septembre 2007, p 275-280
- Alcool : histoire de la distillation