Cannabis

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Le cannabis est le produit illicite le plus largement consommé en France, surtout par les jeunes. Les dangers d'une consommation régulière sont réels.


 

> LE CANNABIS, QU'EST-CE QUE C'EST ?

Le cannabis est une plante. Le principe actif du cannabis responsable des effets psychoactifs est le THC (tétrahydrocannabinol), inscrit sur la liste des stupéfiants. Sa concentration est très variable selon les préparations et la provenance du produit.



> A QUOI ÇA RESSEMBLE ?

- l'herbe (marijuana, ganja, beuh, etc.).
Ce sont les feuilles, tiges et sommités fleuries, simplement séchées. Elles se fument généralement mélangées à du tabac, roulées en cigarette souvent de forme conique ("joint", "pétard"...).
- la résine (haschisch, hasch, shit, chichon, etc.).
Obtenue à partir des sommités fleuries de la plante. Se présente sous la forme de plaques compressées, barrettes de couleur verte, brune ou jaune selon les régions de production. Se fume généralement mélangée à du tabac : "le joint". Le haschich peut être coupé avec du henné, du cirage, de la paraffine, ou d'autres substances plus ou moins toxiques.
- l'huile
Préparation plus concentrée en principe actif, consommée généralement au moyen d'une pipe. Son usage est peu répandu en France.

 

> EFFETS & DANGERS DU CANNABIS


Les effets immédiats

Les consommateurs recherchent un état de détente, de bien-être et une modification des perceptions (par exemple, sensation de mieux entendre la musique). Mais les effets recherchés ne sont pas toujours obtenus.


Les effets de la consommation de cannabis sont variables : légère euphorie accompagnée d'un sentiment d'apaisement, légère somnolence. Mais elle peut entraîner aussi parfois un malaise, une intoxication aigüe ("bad trip") qui peut se traduire par des tremblements, des vomissements, une impression de confusion, d'étouffement, une angoisse très forte.

Le cannabis diminue les capacités de mémoire immédiate et de concentration chez les consommateurs, tant qu'ils sont sous l'effet du cannabis. La perception visuelle, la vigilance et les réflexes sont également modifiés. Ces effets peuvent être dangereux si l'on conduit une voiture ou si l'on utilise des machines (machines-outils par exemple).


Selon la personne, la quantité consommée et la composition du produit, le cannabis peut avoir des effets physiques comme :
>> un gonflement des vaisseaux sanguins (yeux rouges) ;
>> une augmentation de l'appétit (fringales) ;
>> une augmentation du rythme du pouls (palpitations) ;
>> une diminution de la sécrétion salivaire (bouche sèche) ;
>> parfois une sensation de nausée.

 

A 17 ans, un adolescent sur cinq consomme du cannabis plus de 10 fois dans l'année, et 15% d'entre eux plusieurs fois par semaine.
LES RISQUES RESPIRATOIRES.
La fumée du cannabis contient des substances cancérigènes comme celle du tabac : elle est donc toxique pour le système respiratoire. L'association du tabac et du cannabis entraîne des cancers du poumon plus précoces que le tabac seul. Les risques respiratoires sont amplifiés dans certaines conditions d'inhalation (pipes à eau, "douilles").

Les effets d'une consommation régulière

Certains effets sont loin d'être anodins et révèlent un usage problématique, donc nocif :
>> difficultés de concentration, difficultés scolaires ;
>> préoccupations centrées sur l'obtention et la consommation du produit, isolement social et perte de motivation ;
>> risques pour l'usager et son entourage, liés aux contacts avec des circuits illicites pour se procurer le produit ;
>> chez certaines personnes vulnérables, le cannabis peut engendrer ou aggraver un certain nombre de troubles psychiques comme l'anxiété, la panique et favoriser la dépression. Il peut aussi provoquer l'apparition d'une psychose cannabique : il s'agit d'une bouffée délirante qui nécessite une hospitalisation dans un service spécialisé. Le cannabis est également susceptible, chez les sujets prédisposés, de révéler ou d'aggraver les manifestations d'une maladie mentale grave, comme la schizophrénie

 

> CANNABIS & DÉPENDANCE


On peut devenir dépendant au cannabis, mais les individus ne sont pas égaux devant le risque de dépendance. Plusieurs facteurs entrent en jeu :
certains consommateurs réguliers, en raison de leurs habitudes de consommation, de leur personnalité, de leur histoire personnelle, de leur environnement, auront plus de mal que d'autres à diminuer ou arrêter leur consommation, et sont donc plus vulnérables à la dépendance.


Un peu d'histoire
Originaire des contreforts de l'Himalaya, le cannabis a été utilisé par l'homme depuis des millénaires en Extrême et au Moyen-Orient. Le chanvre, la plante dont est tiré le cannabis, était cultivé pour ses fibres destinées à la fabrication de cordages, de papiers et de tissus, et sa résine était utilisée autrefois comme médication pour soulager les spasmes, les troubles du sommeil, la douleur. Le cannabis a été introduit en Europe au début du XIXe siècle par les soldats de Bonaparte, et par des médecins anglais de retour des Indes qui lui prêtaient des vertus thérapeutiques dans le traitement des migraines, de l'asthme et de l'épilepsie. En France, il n'y a pas de médicaments à base de cannabis. Cependant, dans certains pays, le cannabis ou ses dérivés sont prescrits pour soulager certains symptômes (vomissements, douleur.), et pour améliorer l'appétit des personnes atteintes de maladies graves.
 

> CANNABIS : LES CHIFFRES D'UNE RÉALITÉ FRANÇAISE

 

CONSOMMATION DÉCLARÉE

Selon les données de l'OFDT, en 2005 la France compte 1,2 million de consommateurs réguliers de cannabis (10 fois ou plus au cours des 30 derniers jours), dont 550 000 consommateurs quotidiens parmi les 12-75 ans. Le cannabis est, de loin, le produit illicite le plus consommé par la population française, en particulier chez les jeunes, et surtout les garçons. 1,2 million
de consommateurs réguliers

> Jeunes de 17 ans, en 2005 [2]


Au moins une fois dans les 30 derniers jours :
33% des garçons
22% des filles
Usage régulier (10 fois ou plus au cours des 30 derniers jours) :
15% des garçons
6% des filles

Expérimentation

À 17 ans, un jeune sur deux déclare avoir fumé du cannabis au moins une fois dans sa vie. C'est le produit illicite le plus précocement expérimenté. L'expérimentation se fait en moyenne vers 15 ans. Les garçons sont davantage concernés et commencent plus jeunes.


Evolution de l'expérimentation du cannabis à 17 ans 1993-2005 [29]

Graphique évolution de l'expérimentation du cannabis

> Adultes de 18 à 64 ans, en 2005 [3][32]


Au moins une fois dans la vie:
32%
Au moins une fois dans l'année :
12% des hommes,
7% des femmes

Au-delà de ces pourcentages de consommateurs dans l'ensemble de la population adulte, on observe de grandes différences de comportement suivant les âges. Chez les jeunes adultes (18-44 ans), 16 % des hommes et 11 % des femmes ont consommé du cannabis dans l'année. Ces pourcentages deviennent en revanche très faibles chez les adultes âgés de 45 à 75 ans (2% chez les hommes et à peine 1% chez les femmes).


SOINS

Parmi les personnes accueillies dans les centres spécialisés en 2003 [4], le cannabis est à l'origine de 27 à 29% des demandes de soins en centres spécialisés, qui ont notablement augmenté depuis la fin des années 1990. Pour répondre à ces demandes spécifiques, des consultations spécialisées, anonymes et gratuites, ont été mises en place en 2005 dans tous les départements.


MORTALITÉ

Une étude récente [26] évalue à 230 le nombre de décès par accidents de la route attribuables à la consommation de cannabis. La consommation régulière de cannabis serait également susceptible de provoquer des cancers mais il n'existe pour l'instant aucune estimation du nombre de décès qui pourraient en résulter.

 

NTERPELLATIONS (EN 2004) [5]


Pour usage simple :
 
Pour usage-revente et trafic :
91 705
personnes interpellées (91% des interpellations pour usage);
le cannabis est la première substance en cause dans les interpellations.
23 ans
C'est l'âge moyen de l'usager de cannabis interpellé.
13 670
personnes interpellées pour usage-revente et trafic de cannabis.

TENDANCE STATISTIQUE

 Dans l'ensemble de la population, l'expérimentation et la consommation de cannabis ont augmenté régulièrement depuis le début des années 1990. Toutefois, on a observé, entre 2002 et 2003, un retournement de tendance parmi les jeunes de 17 ans, avec une baisse du niveau d'expérimentation et une certaine stabilisation du niveau d'usage régulier, tendance qui se trouve confirmée en 2005.


CANNABIS, LES RISQUES AU VOLANT

Une étude de grande ampleur (*) a été menée en France, pour examiner le lien entre l'usage de stupéfiants et les accidents mortels sur les routes. L'étude a ainsi retenu 10 748 conducteurs impliqués dans un accident mortel, entre octobre 2001 et septembre 2003.


Les principales conclusions de cette étude sont :
> Conduire sous l'effet du cannabis double, en moyenne, le risque d'être responsable d'un accident mortel (x 1,8).
> L'étude démontre pour la première fois l'existence d'un « effet-dose », c'est-à-dire que le risque augmente avec la concentration de THC (principe actif du cannabis) dans le sang.
> Le nombre de victimes imputable au cannabis serait de l'ordre de 230 morts par an sur les routes (sur une base de 6000 accidents mortels), dont une grande part a moins de 25 ans. Les accidents résultent d'une plus grande vulnérabilité du conducteur face à un événement inattendu ou, en cas de forte consommation ou de mélange avec l'alcool, d'une dégradation générale des capacités de conduite pouvant mener à une perte de contrôle.
> La consommation conjointe de cannabis et d'alcool (effective chez 40% des conducteurs positifs au cannabis) entraîne une cumulation des effets, et une multiplication des risques : le conducteur positif au cannabis et à l'alcool multiplie ainsi par 14 le risque d'être responsable d'un accident mortel.


(*) Etude coordonnée par l'OFDT et réalisée par le groupe SAM : Ceesar, LAB PSA Peugeot-Citroën/Renault, Inserm, INRETS et OFDT ; sous la responsabilité scientifique de Bernard Laumon (INRETS/UCBL/InVS UMRESTTE) [26].


> LES CHIFFRES D'UNE RÉALITÉ EUROPÉENNE


 

Pourcentage de jeunes scolarisés de 15/16 ans ayant consommé de la marijuana ou du haschich au cours des 30 derniers jours (2003)
D

Pourcentage de jeunes scolarisés de 15/16 ans ayant consommé de la marijuana ou du haschich au cours des 30 derniers jours (2003)[6].


 

Pourcentage de jeunes scolarisés de 15/16 ans ayant expérimenté le cannabis (chiffres 2003)
D

Pourcentage de jeunes scolarisés de 15/16 ans ayant expérimenté le cannabis (chiffres 2003)[6].